Vendredi 25 mai 2007

 

Abou Soufyân (رضي الله عنه)

Son nom et sa généalogie


Abou Soufyân Ibn Harb



Après la bataille de Badr



A cet instant précis, Abou Soufyan s'était interposé pour le calmer. Le frère d'Aba El Aâs se calma et rengaina ses flèches. Il fit demi-tour avec sa belle sœur à la Mecque où elle fut soignée.

Zaynab (رضي الله عنها), enceinte et juste après la séparation d'avec son mari, s'apprêta à émigrer, les préparations terminées, elle se mit en route en plein jour et devant les Qoreichites, accompagnée seulement par le frère de son conjoint. La nouvelle de son exode est parvenue aux oreilles des ennemis de l'Islam, et la blessure de la défaite était encore béante chez eux, et l'auteur n'était autre que son père (صلى الله عليه و سلم), il fallait se venger, ils envoyèrent quelques hommes, avec à leur tête Abou Soufyan pour les intercepter. Ils finirent par les rejoindre hors de la Mecque, l'un d'eux jeta Zaynab (رضي الله عنها) à terre de sa monture sans ménagement. Heurtant un rocher, elle se mit à saigner abondamment perdant le fœtus et faillit mourir. Grand archer, son beau frère s'était mis en position l'arc à la main, la défendant contre quiconque voulait s'approcher d'elle.



La bataille d'Ouhoud


Abou Soufyân était conscient de la bravoure des Musulmans et il savait qu'il lui faudrait plus d'hommes qu'eux s'il voulait emporter la guerre. Il lista donc les tribus de Kanànah et de Sakif, leur promettant des armes et toutes les provisions pour le séjour. Il parvînt ainsi à préparer une importante armée de 700 hommes en armures, 3 000 soldats sur chameaux, une cavalerie de 200 hommes et un groupe de fantassins. Cette armée se mit en marche vers Médine et campa au pied des collines d'Ouhoud, le 5 Chawwal 3 H

Abou Soufyân avait divisé son armée en 3, les hommes armés étant placés au milieu.

Voyant ses hommes si facilement tués lors des têtes-à-têtes du début de la bataille, Abou Soufyân ordonna une attaque générale. Les deux armées firent face et le bruit des armes retentissait dans l'air.



La lettre à Heraclius


J'étais alors en Syrie, lorsqu'on apporta une lettre adressée de l'Envoyé d'Allâh à Héraclius. Dihya Al-Kalbî avait été chargé de la remettre au gouverneur de Bossra, qui à son tour devait la remettre à Héraclius. Héraclius demanda alors : "Y a-t-il quelqu'un qui soit proche de cet homme présumant être un Prophète ?".


On lui répondit que oui. Sur ce, on me manda avec quelques-uns des Qoraychites.


Nous entrâmes chez Héraclius et il nous fit asseoir devant lui en disant : "Lequel d'entre vous est le plus proche de cet homme qui prétend être un Prophète ?".


Abou Soufyân répondit : "C'est moi".


On me fit alors asseoir devant lui et mes compagnons derrière moi. Puis il manda son interprète et lui dit : "Dis-leur que je vais interroger cet homme au sujet de celui qui prétend être un Prophète, si cet homme ment, ses compagnons doivent relever ses mensonges".


Abou Soufyân dit (tout bas) : "Par allah! Si je ne craignais pas d'être qualifié de menteur, j'aurais forgé des mensonges au sujet du Prophète".


Il (Héraclius) demanda à son interprète : "Interroge-le : Quel rang occupe sa famille (du Prophète) parmi vous ?".


Je répondis : "Elle jouit d'une grande considération".


Puis il dit : "L'un de ses ancêtres, était-il un roi ?".


- "Non", répondis-je.


- "Le traitez-vous de menteur avant qu'il ait tenu de tels propos ?".


- "Non".


- "Ceux qui le suivent, sont-ils des honorables ou des humbles ?".


- "Ils sont plutôt des humbles".


- "Leur nombre s'accroît-il ou bien diminue ?".


- "Il s'accroît".


- "Quelqu'un de ceux qui ont embrassé sa religion, l'a-t-il ensuite abandonnée en la répugnant ?".


- "Non, aucun".


- "L'avez-vous combattu ?".


- "Oui".


- "Quel a été le résultat de cette guerre entre vous et lui ?".


- "La guerre entre nous a eu des alternatives : tantôt il l'emporta et tantôt nous l'emportions".


- "Trahit-il ses engagements ?".


- "Non, mais nous sommes en trêve avec lui et nous ignorons ce qu'il peut y faire".


Le transmetteur ajoute : Par allah, je n'ai pas pu insinuer un mot autre de ce que je viens de dire.


Il (Héraclius) poursuivit : "Y a-t-il quelqu'un autre que lui qui a déjà tenu de tels propos ?".


- "Non".


- "Eh bien ! Je t'ai demandé au sujet du rang de sa famille et tu as répondu qu'elle jouit d'une grande considération, ainsi sont les familles de tous les Prophètes qui l'ont devancé.


Je t'ai demandé si quelqu'un de ses ancêtres était un roi et tu as présumé que non. Je me suis dit alors : si l'un de ses ancêtres avait régné, il aurait cherché le trône de ses ancêtres.


Je t'ai ensuite questionné au sujet de ceux qui le suivent, tu as répondu qu'ils sont les humbles et en réalité, ils sont eux qui suivent toujours les Prophètes.


Je t'ai également demandé si vous le traitiez de menteur avant qu'il ne tienne de tels discours, tu as prétendu que non et j'ai constaté que celui qui s'abstient de mentir aux hommes, tient forcément à ne pas mentir sur Allah.


Et lorsque je t'ai demandé si quelqu'un après avoir embrassé sa religion l'abandonna et la répugna, tu as répondu que non, ainsi est la foi quand elle pénètre les cœurs.


Je t'ai aussi demandé si le nombre de ses adeptes augmente ou diminue, tu as répondu qu'il augmente, ainsi est la foi qui s'accroît jusqu'à ce qu'elle devienne parfaite.


Je t'ai également demandé si vous avez mené la guerre contre lui, tu as répondu que vous l'avez combattu et que la guerre a eu des alternatives entre vous, tel est le cas de tous les Envoyés qui sont mis à l'épreuve mais qui, à la fin triomphent.


Je t'ai demandé s'il trahit ses engagements et tu as répondu qu'il ne les trahit point, tel est le cas des Envoyés, ils tiennent à leurs engagements.


Enfin, je t'ai demandé si quelqu'un avant lui a tenu de tels discours, tu as répondu que non et je me suis dit : si quelqu'un avant lui avait tenu les mêmes propos, donc il ne fait qu'imiter ses prédécesseurs".



Il (Héraclius) ajouta : "Que vous ordonne-t-il donc ?".


- "Il nous ordonne de faire la prière (Salâ), de verser l'aumône légale (Az-Zakâ), de tenir les liens de parenté et d'être chastes".


- "Si ce que tu viens de dire est vrai, il doit être un Prophète. De ma part, je savais qu'un Prophète apparaîtrait, mais je ne savais pas qu'il serait des vôtres. Et si je pouvais me rendre chez lui, j'aurais bien aimé sa rencontre. Enfin, si j'étais auprès de lui, j'aurais lavé ses pieds (par révérence) et il aurait dominé même la place où je mets mes pieds".



Salut à quiconque suit la bonne voie. Ensuite, je t'appelle à l'islam. Convertis-toi à l'islam, tu trouveras le salut et Allâh te donnera une double récompense, mais si tu te détournes (de l'islam), tu seras chargé des péchés de ceux qui, de ton peuple, te suivront : {Ô gens du Livre, venez à une parole commune entre nous et vous : que nous n'adorions qu'Allah, sans rien Lui associer et que nous ne prenions point les uns les autres pour seigneurs en dehors d'Allah. Puis s'ils détournent le dos, dites : 'Soyez témoins que nous, nous sommes soumis}.

Le transmetteur (lui-même Abou Soufyân) ajoute : Lorsque Héraclius finit la lecture de la lettre, des voix s'élevèrent et un grand tumulte se produit dans son entourage et on nous fit sortir. Je dis alors à mes compagnons quand nous fûmes dehors : "L'affaire d'Ibn Abou Kabcha (désignant ironiquement le Prophète) a pris de l'importance puisque le roi des Banû Al-'Asfar (les Romains) le redoute".

Et je ne cessai d'être convaincu que l'affaire de l'Envoyé d'Allâh (

Puis il ordonna qu'on lui apporte la lettre de l'Envoyé d'Allâh () et il la lut : "Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux. De Muhammad, l'Envoyé d'Allâh à Héraclius le chef des Romains. صلى الله عليه و سلم) aille l'emporter jusqu'à ce qu'Allâh me fit embrasser l'Islam.



Sa tentative de médiation avant la prise de la Mecque, puis sa conversion



Le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) demanda à les voir et s'entretint avec Abou Soufyân. Il lui dit :"N'est il pas temps que tu admettes qu'il n'y a pas d'autre Allâh qu'Allâh et que je suis son Messager ?"


Abou Soufyân répondit : "j'en doute encore !".


Al Abbas (رضي الله عنه) qui était présent lui dit :"Convertis toi et prononce les deux attestations avant que je ne te tranches la tête".


Abou Soufyân s'exécuta et se convertit aussitôt.


Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) déclara : "La protection est assurée à celui qui entre dans la maison d'Abou Soufyân, ferme sa porte derrière lui ou entre dans la Mosquée".

Il dit à Abbas (
رضي الله عنه
) :"Garde Abou Soufyân dans le défilé où il pourra contempler l'armée d'Allâh en marche!".

Aussitôt dit, aussitôt fait, Al Abbas (
رضي الله عنه) mena Abou Soufyân au lieu indiqué. A la vue des tribus qui défilaient, Abou Soufyân s'exclama ! et dit : "Gloire à Allâh, maintenant j'y crois en la Prophétie !".



Son retour à la Mecque



Ce qui se passa entre lui et 'Ali au sujet du califat d'Abou Bakr


Souwèyd Ibn Rafla (رضي الله عنه) rapporte : Abou Soufyân entra auprès de 'Ali et 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, et dit : "Ali! Et toi, 'Abbâs! Comment se fait-il que le pouvoir soit pris par le clan le plus vil et le moins nombreux de Qouraych?! Par Allah! Si tu veux, je lui enverrai (à Abou Bakr) une troupe immense de cavaliers et d'hommes".


'Ali répondit : "Non, par Allah! Je ne veux pas que tu lui envoies une troupe immense de cavaliers et de soldats. Si nous n'avions pas considéré qu'Abou Bakr en était digne, nous ne l'aurions pas laissé prendre le pouvoir. Abou Soufyân! Les croyants sont des gens qui se veulent le bien et qui sont compatissants les uns avec les autres, même si leurs demeures et leurs personnes sont éloignées. Les hypocrites, par contre, sont des gens qui se trompent les uns les autres même si leurs demeures et leurs corps sont proches. Nous avons prêté serment à Abou Bakr et il en est digne".



Ibn Abjèr rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr As-Siddiq, Abou Soufyân vint voir 'Ali et dit : "Comment la plus vile famille de Qouraych a-t-elle pu vous prendre le pouvoir?! Par Allah! Je vais leur envoyer une immense armée de chevaux et d'hommes si tu veux".


'Ali répliqua : "Tu es encore l'ennemi de l'Islam et des musulmans?! Cela ne nuira en rien à l'Islam et aux musulmans. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".



Morra Attayyib rapporte : Abou Soufyân Ibn Harb vint chez 'Ali Ibn Abou Talib et dit : "Comment se fait-il que le pouvoir est pris par le clan le moins nombreux et le plus vil de Qouraych (il voulait dire Abou Bakr)? Par Allah! Si tu veux, je lui enverrai une immense armée de cavaliers et d'hommes".


'Ali répliqua : "Abou Soufyân! Tu as longtemps été l'ennemi de l'Islam et des musulmans, et cela n'a nui en rien à l'Islam. J'ai considéré qu'Abou Bakr en était digne".

 


Abou Soufyân se rendit à la Mecque sur les conseils d'Al Abbas afin d'avertir les Mecquois que la protection et la sécurité est assurée à quiconque resterait dans sa maison. Arrivé à la Mecque, Abou Soufyân se fit injurier par sa femme et les Qouraychites.

Les Qouraychites s'atttendant à une attaque envoyèrent en observation Abou Soufyân, Hakim Ibn hizam et Boudayl Ibn Warq. Ils furent capturés par les Musulmans alors qu'ils approchaient de Marr Al Dhahran.

Abou Soufyân a dit : "Durant la période de trêve que j'ai (etant encore polythéiste) conclue avec l'Envoyé d'Allah, je partis en voyage.

Abou Soufiyan voulait garder la colère des gens vive et il interdit tout deuil tant qu'ils n'auraient pas entièrement vengé leurs camarades tués.
par abou_soufyen publié dans : LES COMPAGNIONS DU PROPHET
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Vendredi 25 mai 2007

Abou Bakr (رضي الله عنه)

Son nom est sa généalogie



plus savant d'entre eux"". Il se nomme 'Abdoullah Ibn Abi Qouhafa 'Othman Ibn 'Amir.

Abou Bakr était le septième dans la descendance de taym, le fils de Mourra, le septième ancêtre du prophète. le clan auquel il appartenait se dénommait banû taym du nom de taym sa mère salmâ était une fille de l'oncle de son père, saqr. Le nom originel d'Abou Bakr avait été 'abdul ka'bah. Il s'appelait également 'atîq. Sa mère n'avait aucun fils survivant, et lorsqu'elle avait mis au monde Abou Bakr, elle l'amena au temple et s'exclama : "Ô déité ! si celui-ci est immunisé contre la mort, alors donne-le moi".

 

CA NAISSENCE


Il est né environ trois ans après l'année de l'éléphant.

 

Avant sa conversion

Il faisait partie des notables du peuple de Qouraych et comptait parmi leurs savants, il était aimé parmi eux.

 

Sa conversion à l'Islam (-13 H. ; 37 ans)

 

Abôu Dardâ (رضي الله عنه) a rapporté que le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit : "N'allez-vous pas laisser tranquille mon compagnon ! N'allez-vous pas cessez, et laisser tranquille mon compagnon ! Lorsque je vous ai dit : " Ô peuple, je suis le Messager d'Allâh auprès de vous ! Vous m'avez répondu : " Menteur ! ", sauf Abou Bakr qui, lui, m'a cru !". (al-boukhâri)

Le Prophète (
صلى الله عليه و سلم
) a dit : "Quand j'ai invité les gens à embrasser l'Islam, tous on pris un temps de réflexion et d'hésitation, excepté Abou Bakr : il ne s'est pas retenu, et n'a pas hésité ! " (Ibn Ishaq)

'Alî Ibn Abî Tâlib (
رضي الله عنه) a rapporté qu'Abou Bakr a été le premier homme musulman. (Ibn 'Asâkir)

 

La libération de Bilâl (-13 H ; 37 ans)

 

Il fut affranchi par Abû Bakr As-Siddîq (رضي الله عنه) qui l'avait racheté de Umayya Ibn khalaf à neuf onces d'or. Ce dernier exagérait son prix afin de décourager Abû Bakr, tout en se disant toutefois : "Si Abû Bakr insiste à l'acheter à une seule once d'or, je le vendrai à ce prix".
Tandis que Abû Bakr se disait : "S'il ne consent à la vente qu'au prix de cent onces d'or, je les payerai".

 

Son émmigration vers Médine en compagnie du Prophète (صلى الله عليه و سلم) (1 H. ; 51 ans)

 

Dès que le départ du Prophète (صلى الله عليه و سلم) fut signalé, les Qoraïshites se lancèrent sur ses traces et Aboutirent à l'entrée d'une grotte où le Prophète et son compagnon Abou Bakr s'étaient réfugiés... Allâh troubla les Qoraïshites : les traces de pas menaient bien à cette grotte mais visiblement, elle n'était pas fréquentée. Plus bas, dans la grotte, Abou Bakr dit à son ami Muhammad (صلى الله عليه و سلم) : "Si l'un d'eux regarde sous ses pieds, il nous verra..."
Et le Prophète de répondre : "Que penses-tu de deux [personnes] dont Allâh est le troisième ?"

Allâh (
تعالى
) a dit : {Si vous ne lui portez pas secours... Allâh l'a déjà secouru, lorsque les mécréants l'avaient banni, deuxième de deux. Quand ils étaient dans la grotte et qu'il disait à son compagnon : "Ne t'afflige pas, car Allâh est avec nous." Allâh fit alors descendresur lui Sa sérénité et le soutint de soldats que vous ne voyiez pas, et Il abaissa ainsi la parole des mécréants, tandis que la parole d'Allâh eut le dessus. Et Allâh est Puissant et Sage.} (9/40)

Quand ils furent débarrassés de leur poursuivants, le Prophète et Abou Bakr retrouvèrent leur guide Abdullâh Ibn Uraïqit et le berger d'Abou Bakr, 'Âmir Ibn Fuhaïrah, et continuèrent leur route. Ils passèrent à proximité de la tente d'une femme qu'on appelait Oum Ma'bad Al-Khozâ'iyyah. Les voyageurs étaient alors à bout de vivres. Ils demandèrent à Oum Ma'bad de leur vendre de quoi tenir le reste du trajet. Mais la femme, gênée, leur dit : "Par Allâh, si j'avais de quoi vous donner, je vous l'aurais donner gratuitement".
Le Prophète (
صلى الله عليه و سلم
) vit dans un coin une chèvre frêle. "Et cette chèvre ?", demanda le Prophète.
"Elle est frêle comme tu le vois", répondit la femme.
Le Prophète lui demanda d'approcher la chèvre. Alors, le Prophète (
صلى الله عليه و سلم) posa sa main sur la chèvre qui subitement prit des forces. Puis, il toucha son pis qui se remplit de lait. Le Prophète (صلى الله عليه و سلم) prit du lait de la chèvre et commença par donner à ses compagnons. Ensuite, il en donna à Oum Ma'bad, il remplit un bol destiné à Abou Ma'bad et il finit par en boire à son tour. Les voyageurs suivirent leur chemin. Quand Abou Ma'bad fut de retour, il s'étonna à la vue du bol de lait car il savait que leur chèvre ne donnait pas de lait. Alors, Oum Ma'bad lui décrivit le Prophète et lui raconta ce qu'il fit. Il lui dit : "C'est l'homme que Qoraïsh poursuit pour l'assassiner". Oum Ma'bad et Abou Ma'bad embrassèrent l'Islam.

 

La bataille de Badr

 

Anas (رضي الله عنه) dit : "Le Messager d'Allah (صلى الله عليه و سلم) consulta les gens à propos des captifs à Badr en disant : "Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux..."
'Omar Ibn al-Khattab (
رضي الله عنه
) se leva et dit : "Ô Messager d'Allah, tranche leur le coup!"
Le Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) se détourna de lui. Puis il reprit la parole : "Ô gens, Allâh le Puissant,le Majestueux vous a fait triompher sur eux. Pourtant hier encore ils étaient vos frères.."
'Omar Ibn al-Khattab (
رضي الله عنه
) se leva et dit : "Ô Messager d'Allah, tranche leur le coup!"
Le Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) se détourna de lui encore et reprit les mêmes propos à l'adresse de ses compagnons.
Abou Bakr (
رضي الله عنه
) se leva alors et dit : "Ô Messager d'Allah, si tu penses devoir leur pardonner et accepter une rançon...."
Le vissage du Prophète (
صلى الله عليه و سلم
) fut débarrassé de l'expression de souci qui l'avait marqué, et il leur pardonna et accepta une rançon.
Puis Allah, le Puissant, le Majestueux révéla : {N'eût-été une prescription préalable d'Allah, un énorme châtiment vous aurait touché pour ce que vous avez pris (de la rançon)} (8/67)". (Ahmad n°13143)

 

Son pélerinage

 

En revenant de TAbouk, le Prophète (صلى الله عليه و سلم) pensa au pélerinage. Puis il dit : "Les Polythéistes font la circumambulation tout en étant complètement nus, je redoute le pélerinage à cause d'eux".

Il envoya Abou Bakr (
رضي الله عنه) à la Mecque et le fit suivre de 'Ali (رضي الله عنه
) avec pour mission d'interdire désormais le pélerinage aux polythéistes, et de leur accorder un délai de quatre mois pour se convertir, au bout duquel, la guerre serait déclarée entre eux et les Musulmans, s'ils ne se convertissaient pas.

Le Prophète (
صلى الله عليه و سلم) fit accompagner Abou bakr de trois cent Médinois, emportant vingt chameaux marqués en guise d'offrande. (Ibn Sâ'd)

 

Récit de la mort du Prophète et discours d'Abou Bakr (11 H ; 61 ans)


Il découvrit le visage du Messager d'Allâh et se pencha sur lui en l'embrassant et en pleurant. Il dit : "Ce que prétend Ibn Al-khattab est faux. Le Messager d'Allâh (

'Orwa Ibn Zoubayr, qu'Allâh les agrée, rapporte : Abou Bakr (رضي الله عنه) revint alors du Sonh sur sa monture et s'arrêta devant la porte de la mosquée. Il vint, affligé et attristé, et demanda la permission d'entrer dans la maison de sa fille Aïcha (رضي الله عنه) et elle l'autorisa à entrer. Il entra, le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) était mort sur son lit et ses femmes étaient autour. Elles voilèrent leurs visages et se cachèrent d'Abou Bakr sauf Aïcha. صلى الله عليه و سلم) est bien mort, par celui qui tient mon âme dans sa main! Miséricorde d'Allâh sur toi, Ô Messager d'Allah! Tu es si bon, vivant et mort". Puis il le couvrit de son habit et sortit rapidement à la mosquée. Il passa au-dessus des épaules des gens et arriva au minbar. En le voyant venir, 'Omar (رضي الله عنه) s'assit. Abou Bakr se leva à côté du minbar et appela les musulmans. Ils s'assirent et écoutèrent.

 

Abou Bakr prononça l'attestation de foi et fit une introduction très touchante. Puis il reprit : "Allâh puissant et glorieux a annoncé à son Prophète sa mort alors qu'il était vivant et parmi vous, de même qu'il vous a annoncé votre mort. La mort est une vérité et il ne restera aucun parmi vous sauf Allâh puissant et glorieux. Allâh élevé a dit : {Mouhammad n'est qu'un messager - des messagers avant lui sont passés. S'il mourait, donc, ou s'il était tué, retourneriez-vous sur vos pas ? Quiconque retourne sur ses pas ne nuira en rien à Allah; et Allâh récompensera bientôt les reconnaissants} (3/144).

 

-Ce verset est dans le Coran?! s'exclama 'Omar. Par Allah! Je ne savais pas avant ce jour que ce verset avait été révélé (j'étais inconscient de son sens)!

 

- Et Allâh élevé, continua Abou Bakr, a dit à Mouhammad, prière et paix sur lui : {En vérité tu mourras et ils mourront aussi} (39/30). Allâh élevé dit aussi : {Tout ce qui est sur elle doit périr. Seule subsistera la face de ton Seigneur plein de majesté et de noblesse} (55/26-27). Il dit encore : {Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution} (3/185). Allâh a fait vivre Mouhammad et l'a gardé jusqu'à ce qu'il établit grâce à lui la religion d'Allah. Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) a fait triompher la volonté d'Allah, il a transmis la religion d'Allâh et a combattu pour la cause d'Allah, puis il est mort en accomplissant cela. Il vous a laissés sur la voie; quiconque périra aura déjà reçu la preuve et le remède. Celui dont le Seigneur est Allah, Allâh est vivant et ne meurt pas, et celui qui adorait Mouhammad et le considérait comme un dieu, alors son dieu est mort. Musulmans! Soyez pieux envers Allah! Tenez à votre religion! Placez votre confiance en votre Seigneur! La religion d'Allâh est inébranlable et la parole d'Allâh est complète. Allâh aidera celui qui l'aide et il fera triompher sa religion. Le livre d'Allâh est parmi nous; il est la lumière et le remède; par lui, Allâh a guidé Mouhammad, prière et paix sur lui; il contient le licite et l'illicite. Par Allah! Peu nous importe les créatures qui se coalisent contre nous! Nos sabres sont dégainés, nous ne les avons pas encore déposés, et nous combattrons ceux qui nous contredisent comme nous avons combattu avec le Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Pour cela que personne ne se lance dans la perdition!". Puis les mouhajirins partirent avec lui voir le Messager d'Allah, prière et paix sur lui.

 

Discussion au sujet du califat dans la cour

 

Ibn 'Abbâs, qu'Allâh les agrée, rapporte : 'Omar (رضي الله عنه) raconta : voilà ce qui s'est passé quand le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) mourut. On vint nous dire que les ançars s'étaient réunis dans la cour des Banou Sa'ida pour prêter serment à Saâd Ibn 'Oubèda, qu'Allâh l'agrée. Je me suis levé précipitamment ainsi qu'Abou Bakr et Abou 'Oubeyda Ibn Al-jarrah, qu'Allâh les agrée. Nous craignîmes qu'ils ne causent un tort à l'Islam et nous partîmes les rejoindre. Nous rencontrâmes deux hommes véridiques des ançars : 'Ouwaym Ibn Sa'ida et Maâan Ibn Âadiy, qu'Allâh les agrée. Ils demandèrent : "Où allez-vous?"

 

Nous répondîmes : "Rejoindre votre tribu, à cause de ce qu'ils préparent".
Ils proposèrent : "Retournez, car ils ne vous désobéiront pas et ne feront pas une chose que vous désapprouvez".

 

Mais nous insistâmes pour partir. Je me mis à arranger des paroles que je voulais dire jusqu'à ce que nous arrivâmes. Ils étaient autour de Saâd Ibn 'Oubèda qui était malade et couché sur un lit. Quand nous entrâmes, ils prirent la parole et dirent : "Ô mouhajirins! Un émir des nôtres et un des vôtres!"
Houbèb Ibn Almondhir dit : "C'est moi le stratège et le politicien hors pair! Par Allah! Si vous voulez, nous rallumerons la guerre!"

 

Abou Bakr dit : "Doucement".
Je voulus parler mais il dit : "Écoute, 'Omar!"
Il loua Allâh et le félicita puis dit : "Ô ançars! Par Allah! Nous ne nions pas vos vertus, ni votre valeur dans l'Islam, ni nos devoirs envers vous. Mais vous savez bien que cette tribu, Qouraych, tient une place parmi les arabes qu'aucune autre tribu ne possède, et que les arabes ne se soumettront qu'à un homme d'entre eux. Nous serons donc les souverains et vous les ministres. Soyez pieux envers Allah! N'ébranlez pas l'Islam et ne soyez pas les premiers à causer du tort à l'Islam. Je vous propose un de ces deux hommes (moi et Abou 'Oubeyda), lequel choisirez-vous, vous pourrez lui faire confiance".
Par Allah! Il avait dit tout ce que je voulais dire, à part cette dernière parole. Par Allah! Je préfère être tué et être ressuscité, puis être tué encore et revivre, sans avoir commis de péché, plutôt que d'être le chef d'un groupe contenant Abou Bakr.
Puis je dis : "Ô ançars! Ô musulmans! La personne qui mérite le plus la place du Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم) après lui est le {Deuxième de deux quand ils étaient dans la grotte} (9/40) : Abou Bakr qui a de loin dépassé tous les autres". Puis je pris sa main et un homme des ançars me précéda et tapa sur sa main avant moi. Puis les gens se suivirent et on laissa Saâd Ibn 'Oubèda.

 

Abou Bakr et 'Omar se rejettent le califat dans la cour

Ibn Sirine rapporte : ce jour-là, Abou Bakr et 'Omar, qu'Allâh les agrée, rejoignirent les ançars.
Abou Bakr dit : "Ô ançars! Nous ne nions pas vos vertus, et aucun croyant ne nie vos vertus. Par Allah! Tout bien que nous avons atteint, vous y avez participé. Mais les arabes n'accepteront qu'un homme de Qouraych et ne resteront pas sous l'autorité d'un autre. Les qouraychites sont les meilleurs orateurs, ils ont les origines les plus nobles et la terre la plus noble, ils sont aussi les plus généreux parmi les arabes. Prêtez donc serment à 'Omar!
- Non, répondirent-ils.
- Pourquoi donc? questionna 'Omar.
- Nous craignons d'être défavorisés.
- Tant que je vivrai, affirma-t-il, cela n'aura pas lieu. Prêtez donc serment à Abou Bakr.
- Tu es plus fort que moi, dit Abou Bakr à 'Omar.
- Tu es meilleur que moi, répliqua 'Omar.
- Tu es plus fort que moi, répéta Abou Bakr".
'Omar donna la même réponse. Abou Bakr répéta une troisième fois et 'Omar répondit : "Ma force est à ton service en plus de ta supériorité".
Ils prêtèrent alors serment à Abou Bakr, qu'Allâh l'agrée. Quand on prêta serment à Abou Bakr, certaines personnes allèrent voir Abou 'Oubayda Ibn Aljarrah. Il rétorqua : "Vous venez vers moi alors que le {Deuxième de deux} (9/40) est parmi vous!"

 

Discours de 'Omar et le serment collectif pour Abou Bakr (11 H ; 61 ans)

 

Anas (رضي الله عنه) raconte : j'ai entendu le deuxième discours de 'Omar (رضي الله عنه) le lendemain de la mort du Messager d'Allah, prière et paix sur lui. Abou Bakr était silencieux et ne disait pas un mot. 'Omar dit : "J'espérais que le Messager d'Allâh vive jusqu'à ce qu'il soit le dernier d'entre nous à mourir. Mais si Mouhammad est mort, Allâh a mis parmi nous une lumière pour être guidés. Allâh a guidé Mouhammad (صلى الله عليه و سلم) et Abou Bakr est le compagnon du Messager d'Allâh et le {Deuxième de deux} (9/40). Il est le musulman le plus digne d'être votre chef. Levez-vous donc et prêtez-lui serment (bayâa)".
Un groupe lui avait déjà prêté serment dans la cour des Banou Sa'ida, et le serment public eut lieu alors sur le minbar. J'ai entendu 'Omar dire à Abou Bakr à ce moment-là : "Monte sur le minbar". 'Omar ne cessa de le presser jusqu'à ce qu'il monta et les musulmans lui prêtèrent serment.

 

Son premier discours en tant que calife (11 H. ; 61 ans)

 

Après la mort du Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) et l'élection de Abou Bakr (رضي الله عنه) comme calife, il a dit dans un de ses discours : "Allâh a donné à Mouhammed (صلى الله عليه و سلم) une certaine longévité jusqu'à ce qu'il a pu établir la religion d'Allâh, fait triompher la parole d'Allâh, transmis le Message et combattu pour Sa cause. Allâh a recueilli son âme en cet état et en vous laissant sur ce chemin droit, donc celui qui périra, il périra averti. Quiconque considère que Allâh est son Seigneur, qu'il sache que Allâh est vivant et ne mourra pas. Quant à celui qui adore Mouhammed et le prend pour divinité qu'il sache que celle-ci est morte. Ô hommes! Craignez Allâh! Attachez-vous à votre religion et fiez-vous à votre Seigneur. La religion d'Allâh est déjà établie, la Parole d'Allâh est parfaite, Allâh accorde la victoire à celui qui défend sa religion. Le Livre d'Allâh est entre nos mains, elle est la lumière et la guérison, par quoi Allâh a guidé Mouhammed -que Allâh l'agrée-, et on y trouve le licite et l'illicite. Par Allâh! nous ne soucions plus de ceux qui se rassemblent pour nous combattre. Les sabres d'Allâh sont dégainés et nous ne les avons pas encore mis dans leurs fourreaux. Nous combattrons ceux qui nous seront hostiles comme nous avons combattu à côté du Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)". (Al-Bayhaqi)

 

La tentative de démission

 

Ibn Rahawayh rapporte : quand il fut nommé calife, Abou Bakr (رضي الله عنه) s'assit tristement dans sa maison. 'Omar (رضي الله عنه) entra chez lui et Abou Bakr se mit à lui faire des reproches.
Il lui dit : "C'est toi qui m'a fait porter cette responsabilité" et il se plaint de devoir juger entre les gens.
'Omar lui dit : "Mais tu sais bien que le Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) a dit : si le gouverneur s'efforce et atteint la vérité, il a deux récompenses. Et s'il s'efforce et se trompe, il a une récompense". Abou Bakr fut alors un peu soulagé.

Aboul Jahhaf rapporte : quand on prêta serment à Abou Bakr (
رضي الله عنه) il s'enferma pendant trois jours. Il sortait chaque jour et disait : "Musulmans! J'ai annulé votre serment! Prêtez serment à qui vous voulez". À chaque fois, 'Ali Ibn Abou Talib (رضي الله عنه) lui répondait : "Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Puisque le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم
) t'a placé à l'avant, qui donc te fera reculer?"

Zayd Ibn 'Ali rapporte : Abou Bakr, qu'Allâh l'agrée se leva sur le minbar du Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) et appela : "Y a-t-il un personne qui déteste que je sois émir pour que je démissionne?" Il répéta cela trois fois.
'Ali Ibn Abou Talib (
رضي الله عنه) se leva alors et répondit : "Non, par Allah! Nous n'acceptons pas ta démission et nous ne te démettons pas. Qui donc pourra te faire reculer alors que le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) t'a placé à l'avant?"

 

L'une des premières choses qu'il fait en tant que calife est de régler les dettes que le Prophète (صلى الله عليه و سلم) n'a pu faire de son vivant (11 H. - 61 ans)

 

Selon Jâbir (رضي الله عنه), le Messager de Allâh (صلى الله عليه و سلم) lui a dit : "Si les contributions du Bahrayn arrivaient, je t'en donnerais telle et telle chose". Mais l'or du Bahrayn n'arriva pas jusqu'à la mort du Prophète (صلى الله عليه و سلم). Quand cet or arriva enfin, le calife Abou Bakr (رضي الله عنه) cria à haute voix : "Que celui qui a une promesse du Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) ou auquel ce dernier doit quelque chose vienne à nous".
Je vins à lui et lui dis : "Le Prophète (
صلى الله عليه و سلم
) m'a dit ceci et cela". Il me donna alors une certaine somme. Je la comptai et voilà qu'elle représentait cinq cents (dinars ou dirhams).
Il me dit : "Prends-en encore le double". (Al-Boukhâri, Mouslim)

 

Sa fermeté face aux apostats (61 ans)

 

Abou Hourayra (رضي الله عنه) a dit : "Lorsque mourut le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم), qu'Abou Bakr (رضي الله عنه) lui succéda et qu'un certain nombre de tribus arabes apostasièrent, 'Omar (رضي الله عنه) a dit : "Comment combattrais-tu ces gens alors que le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) a dit : "J'ai reçu l'ordre de combattre les gens jusqu'à ce qu'ils disent : "Il n'y a de dieu que Allâh", et celui qui l'a dit a mis à l'abri de moi ses biens et sa vie sauf pour ce qui en revient de droit à l'Islam, et c'est à Allâh de lui demander des comptes"?
Abou Bakr lui dit : "Par Allâh! Je combattrai sûrement tous ceux qui font une différence entre la prière et l'aumône légale car l'aumône est la redevance des biens. Par Allâh! S'ils refusent de me donner un bout de corde qu'ils donnaient au Messager de Allâh (
صلى الله عليه و سلم
), je les combattrai à cause de lui".
'Omar dit alors : "Par Allâh! Je ne tardai pas à comprendre que c'était Allâh qui avait fait choisir à Abou Bakr la solution du combat et j'ai su qu'il avait raison"". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Aïcha (raa) raconte : mon père partit sur sa monture en brandissant son sabre vers Dhoul Qasça. 'Ali Ibn Abou Talib (
رضي الله عنه) vint et attrapa les rênes de sa monture en disant : "Où vas-tu, calife du Messager d'Allah?! Je te dis comme t'a ordonné le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم) le jour d'Ouhoud : range ton sabre et ne nous cause pas la calamité de ta mort. Par Allah! S'il nous arrivait un malheur en ta personne, l'ordre de l'Islam ne sera jamais plus rétabli après toi". Abou Bakr retourna alors et envoya l'armée.

 

La bataille de Mouta

 

La première affaire que mena à bien Abou Bakr (رضي الله عنه) fut d'envoyer 'Ousama Ibn Zayd accompagné d'une légion, avec l'ordre de se rendre du côté des terres de Mouta, là où mourut martyr son père Zayd Ibn Haritha.

Après la mort du Messager , la catastrophe devint grande, l'hypocrisie s'accrut, certaines tribus apostasièrent et certains refusèrent de verser la zaka, l'aumône obligatoire. Abou Bakr (
رضي الله عنه) s'attacha alors à régler cette affaire primordiale, il ordonna d'équiper les troupes pour combattre les apostats et ceux qui refusaient de verser la zakat. Abou Bakr sortit avec l'armée et marcha jusqu'à arriver à Rabdhah qui est un village voisin de Médine à trois jours de Dhati 'Irq. Puis, il fut rappelé à Médine et y retourna ; il avait organisé onze légions pour combattre les apostats. Les armées se dirigèrent donc vers l'ennemi et combattirent les apostats. Mousaylama le menteur fut tué, et Toulayhah Ibn Khouwaylid s'enfuit vers la terre de Cham, il avait prétendu être prophète, mais il se convertit par la suite à l'Islam à l'époque de 'Omar Ibn al-Khattab. Parmi les compagnons, environ sept cents moururent martyrs, la plupart était de ceux qui connaissaient le Coran par cœur : parmi eux Zayd Ibn al-Khattab le frère de 'Omar (رضي الله عنهما) ainsi que Al-Bara Ibn Malik le frère de Anas Ibn Malik, parmi les Bani Hanifah, environ dix-sept mille hommes furent tués.

 

La compilation du Coran à l'époque de Abou Bakr (رضي الله عنه)

 

Zayd Ibn Thâbit raconte : "'Omar (رضي الله عنه) était motivé à cause du nombre important de Houffadh (personnes ayant mémorisés le Coran) décédés. Déjà, à l'époque du Prophète (صلى الله عليه و سلم), environ soixante-dix d'entre eux avaient déjà été fait martyrs à Bi'r Ma'ouna. Et plus tard, à l'époque de Abou Bakr (رضي الله عنه), une expédition à Yamama contre les apostats coûta la vie à un nombre identique de houffadh (en l'an 12 de l'hégire). Tout ceci fit réfléchir 'Omar (رضي الله عنه) qui essaya de convaincre Abou Bakr (رضي الله عنه) avec succès". (Al-Boukhâri)

Lorsque 'Omar (
رضي الله عنه) lui pria de porter une attention particulière à ce projet, il lui répondit : "Comment puis-je accomplir une chose que le Prophète n'a jamais fait ?" Cependant, lorsqu'il réalisa la sagesse et le besoin d'entreprendre un tel acte, il se résolut à le faire et soutint Zayd (رضي الله عنه
) qui était lui-même hésitant.

C'est pour cette raison que Abou Bakr (
رضي الله عنه) s'est adressé à lui en ces termes : "Tu es un jeune homme intelligent. Nous ne doutons pas de ton intégrité. De plus, tu écrivais les versets révélés au Prophète (صلى الله عليه و سلم)".

 

La bataille de Dhât As-Salâsil (62 ans)

 

Dhât As-Salâsil fut la première grande confrontation armée entre les musulmans et les troupes de la Perse, sous le premier calife.

Elle eut lieu au terme des guerres contre les apostats, où les sassanides de Perse avaient prêté main forte à l'imposteur Musaylima Al-Kadhdhâb.

Les troupes musulmanes comptaient 18 000 hommes sous le commandement de Khâlid Ibn Al-Walîd lorsqu'elles arrivèrent aux frontières de la Perse. Refusant d'embrasser l'islam et de verser le tribut, les chefs sassanides de la Perse durent affronter les musulmans dans cette bataille où ils enchaînèrent leurs soldats de peur que ceux-ci fuissent le combat. A peine les armes se rencontrèrent-elles que Khâlid Ibn Al-Walîd se débarrassa du commandant des troupes ennemies appelé Ormizd, ce qui déclina le moral du reste des combattants. Ensuite, les musulmans ne tardèrent pas à remporter la victoire, prenant un part important sur le golfe Arabo-Persique.

 

Son empoisonnement par les juifs de Khaybar (12 H. ; 62 ans)

 

Tabari a rapporté dans son Tarikh qu'Abou Bakr avait été invité à un repas par un des principaux chef de la communauté juive de Khaibar ; le calife se trouvait à table avec Al Harith Ibn Khalada, qui était le médecin réputé des Arabes et on leur présenta un plat de riz.

Abou Bakr en mangea une bouchée, Al Harith en prit de même une bouchée mais la rejeta aussitôt en s'écriant : "Il y a dans ce riz un poison qui tue au bout d'une année !"

 

La désignation de 'Omar comme succeseur au califat (13 H. ; 63 ans)

 

Lorsque Abou Bakr (رضي الله عنه) fut sous le coup de la maladie, il réunit auprès de lui Talhah, 'Outhman Ibn 'Affan, 'Abdou r-Rahman Ibn 'Awf ainsi que d'autres parmi les grands compagnons et il les informa qu'il voyait 'Omar Ibn Al-Khattab comme calife. Ils approuvèrent cela et firent l'éloge de son avis, puis il apparut devant les gens et les informa que 'Oumar serait son successeur. Il leur ordonna de l'écouter et de lui obéir. Ensuite, il appela 'Outhman Ibn 'Affan et lui dit : "Ecris !" puis il lui ordonna de cacheter cet écrit avec le sceau du Messager de Allâh , ce qu'il fit. Ensuite 'Outhman sortit avec le pli et le lut aux gens. C'est alors qu'ils prêtèrent serment à 'Omar Ibn Al-Khattab et les gens furent satisfaits que ce soit lui leur calife.

Ensuite Abou Bakr convoqua 'Omar avec lequel il s'isola en privé et lui dit : "Je t'ai désigné à ma succession, et je te recommande de craindre Allâh. Allâh n'exige que l'on s'acquitte de certains devoirs de nuit, qu'Il ne peut accepter que l'on retarde pour les accomplir de jour ! De même il y a des charges que l'on doit accomplir de jour, Allâh n'aime pas qu'on les retarde pour les éxecuter de nuit ! Allâh n'accepte pas d'actes surérogatoires tant que l'on ne s'est pas acquitté de l'obligatoire qui est prioritaire ! Et si certains verront au Jour Dernier, leur balance pencher vers le bien, ce ne sera certes que grâce à leur attachement à la Vérité. Tandis que ceux dont les pesées seront légères ce sera parce qu'ils auront suivi les voies de l'égarement ; il est bien évident qu'une balance qui n'aura été chargée que de mauvais actes ne vaudra pas grand chose.

 

Allâh a cité les gens du Paradis en les louant par les meilleurs actes qu'ils aient accompli, et Il leur a pardonné leurs erreurs. Si tu les cite à ton tour dis toi : "J'ai peur de ne pas être parmi eux !"
De même Allâh a parlé des gens de l'Enfer, et Il leur a rappelé ce qu'ils commettaient. Lorsque tu te souviens d'eux, demande à ne pas être de ceux là. Ne te rappelles pas uniquement des versets où il n'est question que de la Miséricorde d'Allâh, mais souviens toi en même temps des versets qui parlent de Son Châtiment pour que tu sois de ceux qui craignent Allâh et espèrent en Lui. Pour que tu sois quelqu'un qui ne demande d'Allâh que ce qui est conforme à la Vérité, et ne se jette point dans les chemins de la perdition!

 

Si tu prends en considération mes recommandations, fait alors en sorte que le meilleur absent que tu souhaites rencontrer soit la mort, car elle va te rejoindre ; mais si tu négliges ce que je t'ai recommandé, la mort sera cet absent que tu n'aimes pas rencontrer, alors, qu'en vérité, tu ne pourras point la fuir! "

 

Quand 'Omar sortit, Abou Bakr leva les mains au ciel et invoqua Allâh en disant : "Seigneur, je n'ai voulu par cette décision que le bien des musulmans, pour les préserver de tout désordre (fitna) c'est pourquoi j'ai agi selon ce que TU sais mieux que quiconque, et j'ai fait de mon mieux pour faire le bon choix ; j'ai donc désigné à leur tête le meilleure d'entre eux, le plus capable parmi eux pour s'acquitter de cette charge, celui qui est le plus attentif et le plus sage. Voilà que Ta décision en moi s'accomplit (par la mort) : Sois Celui Qui les prendra en charge, car ils sont Tes serviteurs ; leur volonté est entre Tes Mains. Seigneur, réforme en ien leur tuteur fais en sorte qu'il soit parmi tes "califes bien guidés" et réforme pour lui ses sujets".

 

Sa mort (63 ans)

Sa maladie survint le lundi sept du mois de Joumâdâ en l'an 13 de l'Hégire, dura 15 jours, et il mourut le mardi à l'heure de la prière du soir, huit jours avant la fin du mois.

La mort de Abou Bakr As-Siddiq (
رضي الله عنه
) eut lieu la treizième année, la nuit du mardi précédant les sept derniers jours du mois de Joumada Al-'Akhirah, à l'âge de soixante trois ans.

Son califat dura deux ans, trois mois et treize jours (ou sept jours de moins).

Ce qu'Abou Bakr dit au moment de sa mort à 'Abdarrahmân Ibn 'Awf

'Abdarrahmân Ibn 'Awf (
رضي الله عنه) rapporte : Abou Bakr, As-Siddiq (رضي الله عنه
) me dit au moment de sa mort : "Je ne regrette rien à part trois choses que j'ai faites, et j'aurais voulu ne pas les avoir faites, et trois autres choses que je n'ai pas faites, et j'aurais voulu les avoir faites, et trois autres choses que j'aurais voulu demander au Messager d'Allah, prière et paix sur lui".
Parmi ces choses, il dit : "J'aurais voulu, le jour de la cour des Banou Sa'ida, lancer le califat à l'un de ces deux hommes : Abou 'Oubayda ou 'Omar. Il aurait était émir et j'aurais été ministre".
Il dit aussi : "J'aurais voulu, quand j'ai envoyé Khalid au Chèm, envoyer 'Omar en Irak. J'aurais ainsi étendu mes mains à droite et à gauche dans la voie d'Allah. Quant aux trois que j'aurais voulu demander au Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) j'aurais voulu lui demander à qui doit revenir le califat, ainsi personne ne le disputera au calife. J'aurais aussi voulu lui demander si les ançars y ont droit. J'aurais enfin voulu le questionner sur l'héritage de la tante maternelle et de la nièce par la soeur, car j'ai un doute là-dessus".

Alors qu'Abou Bakr agonisait il se découvrit le visage et dit à sa fille 'Aicha (raa) qui était affligée :
"Ne sois pas dans cet état mais récite plutôt : {Et puis voici le vertige de la mort, dévoilant du coup la vérité. Voilà Homme ce que tu cherchais à fuir !} (50/19)
Abou Bakr dit ensuite : "Prenez ces deux habits, lavez les, et utilisez les pour mon linceul; car les vivants ont plus besoin du neuf que le mort !".

 

Le lavage de son corps et son enterrement

 

Sa femme Asma Bint 'Oumaïss et son fils 'Abd Arrahman se chargèrent du lavage rituel de son corps.

Selon At-Tabari 'Omar Ibn Al Khattab ordonna qu'on l'enterra immédiatement. Il fut enterré à côté de la tombe du Prophète d'Allâh dans la chambre personnelle (chouqqa) du Messager d'Allâh . 'Omar, Talha et 'Abd Arrahman (le fils d'Abou Bakr) descendirent dans la tombe et y placèrent le corps.

 

Sa description physique

 

Il était blanc de visage, le corps fin, les favoris non fournis, le front proéminent.

 

Ses mérites

On rapporte au sujet de Abou Moûsa Al-Ach'ari (صلى الله عليه و سلم) qu'il dit : "Je serai aujourd'hui le portier du Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم)".
A ce moment arriva Abou Bakr (
صلى الله عليه و سلم
) qui poussa la porte. Je dis : "Qui va là?"
Il dit : "Abou Bakr".
Je lui dis : "Attends un peu".
Puis je m'en allai et dis : "Ô Messager d'Allâh! Voilà Abou Bakr qui demande l'autorisation d'entrer".
Il dit : "Laisse-le passer et annonce-lui le Paradis".
Je retournai auprès de Abou Bakr et lui dis : "Tu peux entrer et le Messager d'Allâh t'annonce le Paradis". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Selon Abou Hourayra, le Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم) a dit : "Celui qui réunit deux bonnes actions au service d'Allâh, s'entend appeler à partir des portes du Paradis : "Ô esclave d'Allâh! Voilà une bonne chose que tu viens de faire". Celui qui fait partie des pratiquants fervents de la prière est appelé à partir de la porte de la prière. Celui qui fait partie des volontaires fervents à la guerre sainte est appelé à partir de la porte de la guerre sainte. Celui qui fait partie des pratiquants fervents du jeûne est appelé à partir de la porte dite "du Rayyan" et celui qui fait partie des dispensateurs fervents d'aumônes est appelé à partir de la porte de l'aumône". Abou Bakr (رضي الله عنه
) dit : "Ô Messager d'Allâh! Que mon père et ma mère te servent de rançon! Il suffit d'être appelé à partir de l'une de ces portes pour être sûr du succès (d'entrer au Paradis)? Est-il possible que quelqu'un soit appelé à partir de toutes ces portes à la fois?"
Il dit : "Oui et j'ai bon espoir que tu sois l'un d'eux". (Al-Boukhâri, Mouslim)

Le Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) a dit : "S'il m'avait été permis d'avoir pour ami intime quelqu'un d'autre que Allâh, cela aurait été Abou Bakr. Seulement il est mon frère et mon compagnon". (al-boukhâri)

Le Prophète (
صلى الله عليه و سلم
) a dit : "Abou Bakr et Omar seront les guides de tous les hommes adultes au Paradis : du premier au dernier ; sauf les prophètes et messagers d'Allah". (Tirmidhi, Ibn Mâja, Ibn Sa'd, Ahmad)

Le Messager d'Allâh (
صلى الله عليه و سلم
) a dit : "Certes, Abou Bakr, tu seras le premier individu de ma communauté à entrer au Paradis !". (Abou Dawoud et Al Hakim)

Houdhayfa (
رضي الله عنه) a rapporté que le Prophète (صلى الله عليه و سلم
) a dit : "Prenez exemple sur ceux qui viendront après moi : Abou Bakr et 'Omar !". (Tirmidhi et Al-Hakim)

'Aïcha (
رضي الله عنها) a rapporté que l'envoyé d'Allâh (صلى الله عليه و سلم
) a dit : "Il ne peut être question, lorsqu'Abou Bakr est présent dans un groupe, que ce soit quelqu'un d'autre qui dirige la prière !". (at-tirmidhi)

D'après Ibn 'Omar (
رضي الله عنهما), le Prophète (صلى الله عليه و سلم) a dit à Abou Bakr (رضي الله عنه
) : "Tu étais mon compagnon dans la caverne, et tu seras mon compagnon près du Bassin (au jour de la Résurrection)". (at-tirmidhi)

Abou Houraïra (
رضي الله عنه) a rapporté que le Messager d'Allâh (صلى الله عليه و سلم
) a dit : "Toute personne qui m'a prêté main forte, j'ai pu l'en récompenser, excepté Abou Bakr : il a eu pour moi tant de bienfaits, que seul Allâh saura l'en récompenser au Jour du Jugement dernier, et en vérité, il n'y a pas d'argent qui m'ait été aussi utile, comme l'a été l'argent d'Abou Bakr !". (at-tirmidhi)

Zayd Ibn Aslam a rapporté de son père qui a dit : J'ai entendu 'Omar Ibn al-Khattâb (
رضي الله عنه
) dire : Le Messager d'Allâh (Prière et salut d'Allâh sur lui) a ordonné de donner l'aumône, et il se trouvait que j'avais une somme d'argent. Alors je me suis dit : Aujourd'hui, je ferai mieux qu'Abû Bakr, si j'arrive un jour à rivaliser avec lui. J'ai fait don de la moitié de ma richesse. Le Messager d'Allâh (Prière et salut d'Allâh sur lui) m'a demandé : Qu'as-tu laissé pour ta famille ?
J'ai dit : J'ai laissé l'équivalent de ce que j'ai donné.
Mais Abû Bakr avait apporté toute sa richesse et le Messager d'Allâh (Prière et salut d'Allâh sur lui) lui a demandé : Qu'as-tu laissé pour ta famille?
Il a répondu : Je lui ai laissé Allâh et Son Messager.
J'ai dit : Je ne rivaliserai plus jamais avec toi en quoi que ce soit.

Selon 'Abdurrahman Ibn Abi Bakr As-Siddiq (
رضي الله عنه
), son père dit une fois à ses invités : "Mangez en toute tranquillité. Moi, par Allâh, je n'y goûterai pas". (Il craignait que le repas ne suffise pas à tout le monde).
'Abdurrahman dit : "Par Allâh, toutes les fois qu'on en prenait une bouchée, le volume du dîner augmentait par sa base si bien qu'ils ont mangé à satiété et le manger était encore plus copieux qu'au départ. Abou Bakr regarda le manger et dit à sa femme : "Ô sœur des béni Firas!
par abou_soufyen publié dans : LES COMPAGNIONS DU PROPHET
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Vendredi 25 mai 2007

la définition de l`unicité d'Allah dans ses noms et attributs

 

 

Explication en langue française du livre :

أعلام السنة المنشورة لاعتقاد الطائفة المنصورة

« Les repères de la sunna déployés de la croyance du groupe sauvé et assisté » (du savant Hafith Al-Hakami)

الشيخ العلامة حافظ بن احمد الحكمي رحمه الله

Cours dispensés par le frère Abdelmalik Abou Adam Al-fransi, (prêcheur du centre de prêche et d`orientation religieuse de la ville de Joubail (Arabie saoudite) (centre supervisé par le ministère des affaires religieuses du royaume d`Arabie saoudite) sur le paltalk (nom du salon : "les repères de la sunna") Les notes ont été écrites par la soeur Oum Mou`awouiya et revues par le frère Abdelmalik apportant les modifications et les rajouts nécessaires. Les notes ci-dessous, avant d`être publiées, ont été lues par le frère Abdelmalik auprès du cheikh Abdelmalik Ramadani, qu`Allah le préserve, en lange française, afin de s'assurer de l`authenticité des informations qu`elles contiennent. Cours du Vendredi 11 novembre 2005

Sujet : la définition de l`unicité d'Allah dans ses noms et attributs (

Et ses règles (

Préliminaire : croire en Allah c'est croire qu'Allah possède une entité (

En rapport à la question 51 :

Rappel : l'unicité d'Allah (

Tawhid al-uluhiyya, al-illahiya, al-'ibada : l'unicité d'Allah dans l'adoration, le fait de reconnaître que seul Allah mérite l'adoration.

Tawhid ar-rububiya : l'unicité d'Allah dans sa souveraineté. C'est reconnaître qu'Allah est le souverain de toute chose, le créateur de toute chose, le gérant de toute chose et que toute chose lui appartient. C`est de façon plus concise : "reconnaître qu`Allah est unique dans ses actes" (

Tawhid al-asma wa a-sifat : catégorie que nous allons voir aujourd'hui.

*Quelle est l'unicité d'Allah dans ses noms et attributs ?

**Comment dois je y croire ?

*Quelle est l'unicité d'Allah dans ses noms et attributs ?

Note : Chaque fois que le cheikh apporte quelque chose il l'appuie toujours avec des preuves tirées du Coran et de la Sounna, et ceci est la méthodologie du cheikh.

C'est la foi en ce que Allah a décrit de lui même dans Son Livre, nous devons y croire dans un premier temps de façon ferme et croire à ce que le prophète

**Comment doit-on croire à ces noms et attributs ?

Ici on rentre dans un sous-chapitre que l'on va détailler et apporter toutes les notes qui vont avec cela.

Le cheikh cite un terme fondamental : al-imrare (

توحيد الأسماء و الصفات)القواعد)ذاتٌ) et des noms (أسماءٌ) et des attributs (صفاتٌ), les règles appliquées à l`entité d'Allah sont les même appliquées aux noms et aux attributs d'Allah en ce qui concerne l'affirmation (الإثبات) et la négation (النفي). Parmi ces règles, à titre d`exemple, ne faire aucune ressemblance entre Allah et ses créatures que ce soit au niveau de son entité ou de ses noms et attributs.التوحيد) se divise en trois catégories :إفراد الله بالأفعال)صلى الله عليه وسلم a décrit de ses noms parfaits et nobles attributs dans la Sounna (on entend par là la Sounna authentique, car la loi et la croyance religieuse ne sont valables que si elles reposent sur des hadiths authentifiés).الإمرار ) [1]. (étymologiquement : faire passer une chose sur une chose comme passer la main sur le corps lors de la purification du corps) le rapport de ce terme avec les noms et attributs est qu'il faut aborder les noms et attributs comme, et tels qu'ils sont venus dans le Coran et la Sounna, nous devons donc les attester et ne pas les altérer ou les modifier, c`est donc les faire passer comme ils sont venus dans la révélation.

Si Allah dit de Lui qu'Il est L'Entendant (

Le cheikh va énumérer deux termes : al-ithbat (affirmation) wa an-nafii (négation) qui sont deux grandes bases en Islam.

Rappel : kalimatou a-tawhid :

السميع) je dois donc l'attester. Ceci sans rentrer dans le comment (al-kayf) des noms et attributs. Nous n'avons pas le droit de réfléchir sur comment est Allah dans ses noms et dans ses attributs.لا إله الا الله

لا إله

: on nie « an-nafii » toute adoration en dehors d'Allah.

الا الله

Pour ce qui est des noms et attributs :

Al-ithbaat : affirmer les noms et attributs comme ils sont venus dans le Coran et la Sounna. Ex : al 'âlim (le savant) est un nom d'Allah, on affirme donc qu`Allah est le savant et que l`attribut inclus dans ce nom qui est la science, est un attribut propre à Allah.

An-nafii : c`est nier toute ressemblance entre Le Créateur et les créatures.

ex : al 'âlim celui qui détient la science, c'est une science absolue qui n'est pas celle des hommes. Ici on rejette toute ressemblance entre cet attribut d'Allah et la science des êtres humains. Allah, à titre d`exemple, a science de tout ce qui se trouve dans les poitrines des êtres de ce monde. 

أَوَلَيْسَ اللَّهُ بِأَعْلَمَ بِمَا فِي صُدُورِ الْعَالَمِينَ

"N`est-il pas Allah le plus savant de ce qu`il y a dans la poitrine des mondes"

Quant à L`être humain, il lui est impossible de savoir ce qui est dans la poitrine (c`est à dire dans le cœur) d'un seul homme. Il n'y a donc aucun aspect de ressemblance entre ces deux sciences (la science divine et la science des créatures).

Qu'est ce qui va à l'encontre de l`affirmation (al-ithbaat) et qu'est ce qui va à l'encontre de la négation (an-nafii) ?

1. Ce qui va à l'encontre de l`affirmation :

A-tahrif (l'altération) (

a) Altération littérale (

التحريف) : c'est la modification du texte au niveau littéral et au niveau de la signification. Elle est de deux catégories :اللفظي التحريف) : modification du mot en transformant la forme du mot. Ex : La secte des « acha`ira » ( الأشاعرة)(secte) par rapport à l'istiwa (الإستواء) (l`établissement d`Allah sur son trône) , disent istawla (il rajoute au terme le lam) qui veut dire s`emparer de quelque chose comme une contrée par la force [3].

b) Altération de la signification (

A-ta'Til (la réfutation) (

2. Ce qui va à l'encontre de la négation an-nafii :

At-takyif (

At-tamthil (

At-tachbih (

Ensuite le cheikh va nous donner des exemples du Coran et la Sounna par rapport à ce que l'on a dit. Puis nous allons argumenter ceci, pour ainsi mettre en valeur les preuves que le savant apporte dans le livre.

• Le premier verset :

المعنوي التحريف) : exemple lorsque Allah nous dit qu'il a deux mains. Les innovateurs vont dire que la signification c'est sa force ou son bienfait. Ils vont donc modifier la signification du terme « al-yaddou ». Ils vont donc aller à l'encontre de l'affirmation qui consiste à affirmer qu`Allah possède deux mains qui sont propres à lui et qui ne ressemblent en rien à celle des créatures.التعطيل) : c'est la négation des noms et attributs d'Allah comme nier la parole d`Allah, sa venue (le jour du jugement), etc....التكييف) : c`est le fait de donner à une chose une description commune, ou de décrire l`aspect d`une chose comme celui qui décrit le comment de la main d`Allah ou le comment de sa descente au ciel le plus bas. Allah est bien plus élevé de ce qu`ils profèrent car le comment (de ses attributs) n`est pas cité dans son livre, ni dans la sunna.التمثيل) : le fait d'attester un semblable à Allah. C'est à dire faire ressembler quelque chose à Allah, faire ressembler la créature au créateur sur tous les aspects de façon identique.التشبيه) : la comparaison d'une chose à une autre, c`est l'anthropomorphisme. Faire une similitude dans la plupart des aspects entre la créature et le créateur.

يَعْلَمُ مَا بَيْنَ أَيْدِيهِمْ وَمَا خَلْفَهُمْ وَلا يُحِيطُونَ بِهِ عِلْماً

 Il connaît ce qui est devant eux et ce qui est derrière eux, alors qu'eux mêmes ne Le cernent pas de leur science. (04)

⇒ Allah dans ce verset nous affirme (al-ithbaat) dans un premier temps sa science absolue, science qui est propre à lui, Allah connaît tout par rapport aux êtres humains, leur futur, leur passé etc... Ensuite il nous informe de la science des hommes, science propre à l`homme qui n`est pas parfaite et contient des défauts, la preuve est qu`Allah nie (an-nafiy) la faculté de l`homme à cerner (

Dans ce sens (le sens du verset cité)

• Un deuxième verset est cité par le cheikh, est qui est le suivant :

إحاطة) Allah.

لا تُدْرِكُهُ الأَبْصَارُ وَهُوَ يُدْرِكُ الأَبْصَارَ وَهُوَ اللَّطِيفُ الْخَبِيرُ

"Les regards ne peuvent le cerner (ou le contenir) cependant qu'il cernent (ou contient) tout les regards et il est Le Doux, Le Parfaitement Connaisseur"

[5]

⇒ « Les regards ne peuvent le cerner »

• Troisième verset : ce verset est une base fondamentale, le plus cité par les savants pour ce qui concerne l`unicité d`Allah dans ses noms et attributs (at-tawhid fi al-asma wa a-siffat) :

اللطيف) et Le parfaitement Connaisseur (الخبير). Le commentateur du livre At-tahawouiya (la profession de foi de l`imam A-tahaouiy) Ibn Abi al`iz dit que ceci prouve la perfection de sa grandeur et qu'Il, Allah est plus grand que toute chose et que par cette parfaite grandeur, Ils (les humains) ne peuvent donc l'atteindre (الإدراك) c'est à dire qu`ils ne peuvent le contenir (إحاطة) car le fait d`atteindre quelque chose (al-idraak) est le fait de contenir (al-iHaata) cette chose et un niveau supplémentaire par rapport à la vue (الرؤية) . En ayant compris ces trois termes, nous pouvons réfuter la parole de ceux qui disent, en s`appuyant sur ce verset, qu`Allah ne peut être vu dans l`au-delà. Ce verset est en fait une preuve contre eux car Allah sera vu par les croyants mais leur vision ne pourra pas le cerner complètement du fait de sa grandeur absolue et de sa perfection et du fait de l`imperfection visuelle des créatures.

لَيْسَ كَمِثْلِهِ شَيْءٌ وَهُوَ السَّمِيعُ البَصِيرُ

« rien ne lui ressemble il est L'Entendant Le Voyant. »(06)

⇒ Allah nous rappelle la négation

Ensuite le cheikh va nous citer une preuve de la Sounna :

C`est un hadith rapporté par l'imam A-tirmidhi par Oubay ibnou ka'ab Hadith hassan (acceptable) :

"Les polythéistes ont demandé au Prophète

⇒ Dernière précision

Explication de cette méthodologie

La négation concise, globale : c`est à dire qu`Allah nie ce qui ne lui est pas de droit, comme à l`exemple des attributs contenant des imperfections, que de manière concise et globale sans rentrer dans les détails. Comme le fait qu`Allah nie toute ressemblance avec ses créatures, nous voyons, comme dans le verset onze de la sourate "la consultation" qu`il cite de manière globale et concise la négation de toute similitude avec ses créatures.

L`affirmation détaillé : c`est à dire qu`Allah affirme ses noms parfaits et ses nobles attributs de manière détaillée comme dans les derniers versets de la sourate al-hachr (l`exode).

⇒ Première remarque

⇒ Deuxième remarque

: Dans certains passages coraniques, on trouve ce qui va à l`encontre de cette règle générale, c`est à dire que la négation est parfois détaillée, à l`exemple des versets suivants : : La sagesse de cela est que l`affirmation détaillée comporte une éloge pure ( : : La méthodologie coranique par rapport aux noms et attributs d`Allah est la suivante : L`affirmation détaillé (صلى الله عليه وسلم de décrire son Seigneur, Allah a fait donc descendre la sourate du monothéisme pure :

قُلْ هُوَ اللَّهُ أَحَدٌ (1) اللَّهُ الصَّمَدُ (2) لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ (3) وَلَمْ يَكُنْ لَهُ كُفُواً أَحَدٌ

« Allah est Unique »

: c'est à dire Unique dans ses noms et attributs, dans sa souveraineté et son adoration, donc unique dans toutes les formes de l'unicité.

« Allahou as-samad »

: sa signification s'explique par : « il n'a pas engendré (enfanté) et n'a pas été engendré (enfanté) non plus » Il n'a rien qui a été engendré sans qu'il meurt. Allah ne meurt et ne laisse pas d'héritiers. Le nom d`Allah (الصمد) signifie : celui qui est parfait dans ses attributs et dont l`ensemble des créatures ont besoins de lui (définition donnée par cheikh Al-otheimine suivant le tafsir de Ibn Abass - Voir le tafsir de chapitre `Ama de cheikh Al-otheimine)

« Et nul n'est égal à lui »

: nul ne Lui ressemble et il n'y a pas d'être qui peuvent être comparé à Lui, le sens de ce verset est donc semblable au verset précèdent de la sourate la consultation.المفصّل الإثبات) et la négation générale (المجمل النفي ).محض ثناء) et direct car la citation détaillée de touts noms parfaits et nobles attributs permet de louanger Allah, contrairement à la négation qui ne comprend éloge que lorsque l`on affirme son contraire ce n`est donc pas un procédé d`éloge direct, c`est donc pour cela que cette négation est globale et non détaillée. Ne vois-tu pas que si tu te présentais devant une grande personnalité comme un roi ou autre, et que pour lui faire éloge tu commencerais par détailler la négation, tu dirais donc : "vous n`êtes pas injuste, vous n`êtes pas un traître, vous n`êtes pas un avare etc...." est-ce que cela va prendre la forme directe d`éloge et de louange ??? Par contre si tu aurais cité des attributs louables en sa faveur, détaillant ainsi l`affirmation, la louange aurait été concrétisée sous sa forme pure et naturelle. Il en va de même pour l`éloge que l`humain adresse à son seigneur, Le Très Haut.

لَمْ يَلِدْ وَلَمْ يُولَدْ

" Il n`a pas engendré et n`a pas été engendré" (07)

وَلَقَدْ خَلَقْنَا السَّمَوَاتِ وَالأَرْضَ وَمَا بَيْنَهُمَا فِي سِتَّةِ أَيَّامٍ وَمَا مَسَّنَا مِنْ لُغُوبٍ

"En effet, nous avons créé les cieux et la terre et ce qui existe entre eux en six jours, sans éprouver la moindre fatigue" [(08)

Ici, la négation est détaillée, Allah a réfuté des attributs (comportant des imperfections) dans son droit, en les citant de manière détaillée. La sagesse dans cette exception à la règle est que certains attributs ont été faussement attribués à Allah. Dans le premier verset cité, Allah réfute la croyance des chrétiens et des juifs qui affirment qu`Allah a un enfant, et Allah est plus Haut que de ce qu`ils blasphèment, dans le deuxième verset, Allah réfute la croyance des chrétiens qui disent qu`Allah a pris repos après avoir créé les cieux et la terre, d`ou le jour du repos chez les chrétiens qui est le dimanche

 

 

9]. Donc on s`aperçoit qu`Allah détaille la négation dans son livre, lorsqu`une fausse croyance s`est propagée et particulièrement chez les gens du livre.

⇒ Troisième remarque

 

1] al-imrare : ce terme a été employé par l`imam Ahmed ibn hanbal lorsqu il a été interrogé sur les noms et attributs c`est donc un terme salafi (salafi : employé par un des prédécesseurs (salafs) et ceci est important car les savants des gens de la sounna et du consensus (ahlou a-sunna wa al-djama`) se limitent à l`emploi des termes utilisés par les salafs en ce qui concerne la science de la croyance contrairement au gens de l'innovation comme les philosophes et les gens de la science spéculative (`ilm al-kalam). Les gens de la Sounna ont été parfois contraint à utiliser leur termes pour mettre en évidence l`aspect qui est conforme à la vérité et l`aspect qui n`y est pas conforme, et également afin de réfuter leur divergence dogmatique .

 

2] Sourate L'araignée, verset 10
3] Cet exemple est également valable pour ce qui concerne l`altération de la modification du terme
4] Sourate TaHa (20) v.110 
5] Sourate Les bestiaux v.103 
6] Sourate la consultation v 11 
7] Sourate Al-Ikhlass ; verset 3 
8] Sourate Qaf ; verset 38

 

9] Et le plus malheureux est que l`on voit des pays musulmans qui établissent le jour de congé de la semaine le dimanche, sachant que ce jour est basé sur une croyance propre aux chrétiens et qui n`est autre que l`un des pires blasphèmes envers Allah Le Très Haut.

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par abou_soufyen publié dans : l'unicité
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